Trottinette électrique : l’assurance est obligatoire, et les accidents ne pardonnent pas
Trois millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et pourtant l’obligation d’assurance reste méconnue d’une partie des utilisateurs. En 2025, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a recensé 79 décès parmi les usagers d’engins de déplacement personnels motorisés (EDPM), contre 45 l’année précédente. Un bond de 75 % en un an qui remet sur le devant de la scène la question de la couverture assurantielle.
Une obligation légale depuis 2020, pas toujours respectée
Depuis l’entrée en vigueur de la loi d’orientation des mobilités (LOM) en juillet 2020, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. La règle s’applique dès qu’un moteur est présent, quelle que soit la vitesse maximale de l’engin. Circuler sans assurance expose à une amende pouvant atteindre 3 750 €.
Une idée reçue tenace consiste à croire que l’assurance habitation suffit. Elle peut effectivement couvrir la responsabilité civile d’un mineur en usage occasionnel, mais rarement celle d’un adulte qui utilise sa trottinette au quotidien. Une extension ou un contrat spécifique « nouvelles mobilités » est alors nécessaire.
Autre point à ne pas négliger : une trottinette dépassant 25 km/h n’est plus juridiquement un EDPM mais un cyclomoteur. Elle requiert alors une immatriculation, une homologation, le permis AM et un contrat d’assurance deux-roues motorisés, un régime radicalement différent. Cliquez pour en savoir plus sur l’assurance trottinette électrique.
Quelles garanties choisir, et pour quel budget ?
Les contrats s’organisent généralement en trois niveaux. La responsabilité civile seule, qui couvre les dommages causés aux tiers, constitue le minimum légal et coûte entre 3 et 5 € par mois. La formule intermédiaire RC + vol, adaptée aux engins d’une valeur supérieure à 500 €, oscille autour de 5 à 10 € mensuels. La couverture tous risques, qui inclut les dommages matériels à l’engin et les dommages corporels du conducteur, grimpe entre 15 et 25 € par mois, parfois davantage pour les modèles haut de gamme.
Ces fourchettes sont indicatives : le tarif final dépend du profil de l’utilisateur, de la valeur de la trottinette et des garanties optionnelles retenues. Certains contrats proposent notamment une garantie corporelle du conducteur jusqu’à 500 000 € en cas d’accident entraînant une atteinte à l’intégrité physique et psychique d’au moins 15 %, ainsi qu’un accompagnement dans les démarches amiables ou judiciaires.
Une accidentologie qui impose de prendre les choses au sérieux
Les chiffres de l’ONISR pour 2025 sont sans ambiguïté. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’EDPM a bondi de 57 % par rapport à la même période en 2024. Sur douze mois, plus de 900 personnes ont été blessées gravement, soit une hausse de 28 %. Les cyclistes et utilisateurs d’EDPM représentent désormais 24 % des blessés graves et 36 % des blessés susceptibles de conserver des séquelles un an après leur accident.
Ces données replacent l’assurance dans sa vraie dimension : pas une formalité administrative, mais une protection concrète face à des risques bien réels. Que ce soit pour un trajet quotidien en ville ou pour une pratique sportive sur sentier, vérifier sa couverture avant de prendre le guidon reste le réflexe le plus simple à adopter.
